Désastres naturels 2021, retour vers la réalité

L’année 2021 n’aura apporté aucun changement.

D’un côté, des données qui ne montrent aucune augmentation des désastres naturels, ni de leurs conséquences, depuis le début du XXIe siècle.

De l’autre côté, les mêmes discours délirants, déconnectés du réel, au sujet des catastrophes naturelles qui déferleraient, en nombre toujours plus grand, sur toute la planète :

« Tandis qu’une horloge numérique rouge sonne sans répit jusqu’à la détonation qui mettra fin à la vie humaine telle que nous la connaissons… l’appareil apocalyptique est réel et le temps presse… il enveloppe la terre dans une couverture de CO2 invisible et suffocante… et élève la température de la planète avec une vitesse et une brusquerie entièrement d’origine humaine comme nous le disent les savants… parce que l’humanité a depuis longtemps dépassé l’horloge du changement climatique. Il est minuit moins une sur l’horloge de l’apocalypse et nous devons agir maintenant¹»,

déclare, dans une confuse envolée mélodramatique, le Premier sinistre anglais lors de la séance d’ouverture de la COP26 !

« Les tempêtes de feu qui font rage dans nos forêts. Les vagues de chaleur qui tuent nos cultures et vaporisent nos réserves d’eau potable. Les inondations dans nos villages. Les 41 personnes qui sont mortes dans ces inondations dans mon pays en juillet dernier, les premiers citoyens belges victimes du changement climatique²»,

surenchérit un politicien local avec, semble-t-il, une écœurante fierté morbide.

Finalement, avec son sens de la mesure et sa subtilité habituelle, le secrétaire général de l’ONU intervient pour nous rassurer en quelques mots :

« Nous sommes en train de creuser notre propre tombe…. les phénomènes météorologiques sont toujours plus extrêmes… la science ne laisse planer aucun doute… la planète nous envoie un message³».

Maintenant que nous voilà rassurés quant à la rationalité, au sang-froid et aux capacités de prévision de nos dirigeants, nous sommes parés pour examiner le « message que nous envoie la planète ». Et sur lequel « la science ne laisse planer aucun doute ».

Le CRED (Centre for Research on the Epidemiology of Disasters⁴) vient de publier ses données pour l’an 2021 et, pour une nouvelle année consécutive, le nombre des catastrophes naturelles refuse obstinément d’augmenter !

En effet, depuis le début du siècle, et seules les données de cette période sont suffisamment représentatives⁵ pour permettre d’effectuer des comparaisons, on constate que :

  • le nombre des désastres naturels diminue de manière régulière :
  • le nombre de morts reste bas et stable, hormis les tremblements de terre (Geophysical) qui ne semblent pas liés au climat :
  • le nombre de personnes affectées dont font partie les fameux « réfugiés climatiques » ne présente aucun accroissement, bien au contraire :
  • le montant⁵ des dommages économiques, proportionnels au nombre et à l’intensité des désastres, ne montre aucune hausse significative :

Enfin, comme il est utile de confirmer des résultats en se basant sur différentes sources, on consultera le rapport⁷ de 2021 de l’assureur britannique AON, acteur multinational dans les domaines de la gestion des risques et de réassurance. Et, bien que ses critères de sélection des désastres diffèrent un peu de ceux du CRED, il révèle également l’absence de toute évolution significative depuis 22 ans :

Le commentaire suivant accompagne le graphique :

« Il y a eu au moins 401 catastrophes naturelles individuelles en 2021, ce qui est proche de la moyenne (393) et de la médiane (396) depuis 2000 ».

22 ans constitue certes une courte période, ce qui ne permet pas de préjuger de l’avenir. Mais elle est néanmoins suffisante pour montrer que l’on n’assiste pas, actuellement, et contrairement aux idées reçues, à une spectaculaire augmentation des désastres naturels qui balayeraient continuellement la Terre.

Ainsi, malgré les exhortations d’hommes politiques avides de pouvoir, de journalistes en mal de clics et de savants en quête de subsides, notre planète refuse de produire davantage de catastrophes naturelles et continue de prospérer tranquillement⁸.

Sources :

[1] « While a red digital clock ticks down remorselessly to a detonation that will end human life as we know it… the doomsday device is real and the clock is ticking… and quilting the earth in an invisible and suffocating blanket of CO2, raising the temperature of the planet with a speed and an abruptness that is entirely manmade and we know what the scientists tell us… because humanity has long since run down the clock on climate change. It’s one minute to midnight on that doomsday clock and we need to act now » : https://www.gov.uk/government/speeches/pm-address-at-cop26-world-leaders-summit-opening-ceremony

[2] « The fire storms that rage through our forests. The heat waves that kill our crops and vaporize our drinking water supplies. The floods in our villages. The 41 people who died in such floods in my country last July, the first Belgian citizens who fell victim to climate change » : https://www.premier.be/fr/world-leaders-summit-cop26

[3] https://www.un.org/sg/en/node/260423

[4] Toutes les données utilisées ici proviennent du CRED (https://www.cred.be/), un centre de recherche de l’Université Catholique de Louvain. Il fait partie de l’École de Santé Publique située à Bruxelles, en Belgique. Il collabore à des études internationales portant sur les conséquences humanitaires et sanitaires des catastrophes naturelles. A cet effet, il gère une base de données, EM-DAT (https://www.emdat.be/), qui recense les désastres naturels survenant sur toute la planète. Les résultats du CRED sont repris par Our world in data (https://ourworldindata.org/natural-disasters), une publication en ligne de l’Université d’Oxford.

[5] Comme nous l’avons montré en détail dans notre article traitant du rapport de l’UNDRR : https://ludwik-budyn.medium.com/fake-news-%C3%A0-lonu-c855607a9bee. On retrouve les mêmes conclusions dans le paragraphe consacré aux données du CRED de l’étude suivante : https://link.springer.com/article/10.1140/epjp/s13360-021-02243-9. De plus, dans un courrier échangé en 2019 entre un journaliste et la gestionnaire de la base de données EM-DAT, sur la cause de l’apparente augmentation des désastres naturels au cours du XXe siècle, l’explication suivante a été fournie : « You are right, it is an increase in the reporting ».

[6] Les montants en US$ ne sont pas actualisés. Ils ne tiennent compte ni de la hausse de la population mondiale ni du développement économique survenu.

[7] https://www.aon.com/getmedia/1b516e4d-c5fa-4086-9393-5e6afb0eeded/20220125-2021-weather-climate-catastrophe-insight.pdf.aspx. Le CRED utilise différentes sources, dont des compagnies de réassurance, pour récolter ses données mais AON n’en fait pas partie. D’où l’intérêt particulier à comparer ces deux sources indépendantes dont les résultats semblent converger.

[8] Nouvelle étude sur l’effet fertilisant du CO2 : https://www.nber.org/papers/w29320

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Licencié en Sciences chimiques Licencié en Histoire, Pensée et Civilisation juives ULB

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Ludwik Budyn

Ludwik Budyn

Licencié en Sciences chimiques Licencié en Histoire, Pensée et Civilisation juives ULB

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